Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 14:13

Le projet de loi sur la diffusion et la protection des œuvres sur internet qui vient d’être adopté à l’Assemblée nationale organise un véritable flicage des internautes. Avec ce texte, le pouvoir en place criminalise à priori tous les usagers d’internet. C’est une loi préoccupante qui enfreint gravement les principes généraux de notre droit.

Alors que l’outil internet est devenu un moyen d’accès à la culture et à l’éducation, le gouvernement préfère satisfaire l’appétit des majors dont les recettes n’ont cessé de croître et celui des industries du cinéma et du divertissement qui ne se sont jamais aussi bien porté.

Sous couvert de protéger les droits des artistes, cette loi vise en fait à pérenniser un système obsolète qui ne profite qu’aux grands du disque et du cinéma. C’est sans nul doute la raison pour laquelle le gouvernement a systématiquement repoussé tous les amendements qui visaient à augmenter les revenus pour la création en en diversifiant les sources.

 

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Par Marc DOLEZ - Publié dans : Travaux Assemblée Nationale
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Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /2009 11:11

M. Marc Dolez s’inquiète auprès de M. le secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes de la création du statut de société privée européenne (SPE), dans un règlement approuvé le 10 mars 2009 par le parlement européen et dont la mise en place figure parmi les recommandations prioritaires de la Commission européenne. Ce nouveau statut prévoit en effet la possibilité pour les SPE d’avoir leur siège dans un pays de l’UE et leurs activités dans un autre, « la loi applicable (étant) celle de l’Etat membre du siège statutaire de la SPE, relative aux sociétés à responsabilité limitée ». Sachant que l’exposé des motifs indique que le statut peut « également profiter à des sociétés et à des groupes de plus grande dimension », il s’agit en fait d’une nouvelle mouture du principe du pays d’origine de la directive Bolkestien. C’est pourquoi il demande instamment au gouvernement français de s’opposer à l’entrée en vigueur de ce texte.

 

 - Question écrite publiée au Journal Officiel du 31 mars 2009 -

 

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Par Marc DOLEZ - Publié dans : Europe
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 08:51

Cette proposition de loi a été déposée le 18 mars à l'Assemblée Nationale par Marc Dolez et Jacques Desallangre, au nom du Parti de Gauche. Le même texte a été déposé au Sénat par Jean-Luc Mélenchon et François Autain.

 

 

EXPOSE DES MOTIFS

 

Mesdames, Messieurs,

 

La crise actuelle du capitalisme frappe durement les classes populaires.

Il y a urgence à réagir. Si rien n'est fait, ses conséquences pour les salariés vont s’aggraver. Depuis l'automne, le chômage explose. De nombreuses entreprises, même en bonne santé, licencient, suppriment des missions d'intérim, recourent au chômage partiel pour préserver les profits des actionnaires. Les droits des chômeurs sont attaqués et le principal syndicat patronal pousse le cynisme jusqu'à demander une baisse de ses cotisations à l’UNEDIC. Les attaques contre la protection sociale et les services publics continuent. Le pouvoir d'achat se dégrade. La pauvreté concerne de plus en plus de travailleurs victimes des bas salaires dans des emplois précaires, particulièrement des femmes qui subissent le temps partiel imposé.

Dans un contexte économique et social aussi dégradé, le Président de la République évoque la « poursuite des réformes » pour assurer la « compétitivité » de l'économie française.

Pourtant, il n'y a pas de fatalité du chômage et de la précarité, pas plus que des bas salaires et de la pauvreté. Les moyens financiers existent. Le Gouvernement l’a démontré en engageant récemment des dizaines de milliards d’euros au profit des banques et du système financier. De même, en 2007, les profits réalisés par les entreprises françaises ont atteint 650 milliards d'euros. En 2008, les seules entreprises du CAC 40 ont enregistré près de 85 milliards d’euros de bénéfices en dépit de la crise.

L’urgence est donc de s'attaquer aux racines de la crise, c'est-à-dire au partage inégalitaire des richesses qui résulte de la recherche effrénée du profit maximum pour quelques-uns au détriment des salaires du plus grand nombre. En effet, depuis trois décennies, les politiques libérales mises en œuvre par les gouvernements et le patronat ont cherché à augmenter les profits au détriment des salaires. Dans les entreprises, nombre de moyens furent employés pour faire baisser le coût du travail : licenciements, précarité, flexibilité, gel des salaires. Les gouvernements successifs y ont contribué avec des exonérations de cotisations sociales et la réduction des systèmes sociaux. La conséquence en a été une formidable modification de la répartition des richesses créées au bénéfice des détenteurs du capital et au détriment des travailleurs. La surexploitation du travail a permis la suraccumulation des profits : de 1983 à 2008, la part des travailleurs a été réduite de 71 % à 62 % de la valeur ajoutée créée par les entreprises ; soit plus de 170 milliards d'euros par an transférés des salaires aux profits. Cela représente plus de 6 500 euros par an (550 euros par mois) perdus par chaque travailleur. Cette logique a conduit au gonflement exorbitant des placements spéculatifs et au surendettement des ménages ; deux des causes majeures de la crise actuelle.

La politique décidée par le Président de la République et menée par le Gouvernement  aggrave encore cette situation.

Le paquet fiscal et le bouclier fiscal redistribuent aux riches des dizaines de milliards qui manquent pour des mesures en faveur de l'emploi. La liquidation des 35 heures, la libéralisation des heures supplémentaires, la perspective de travailler le dimanche et jusqu'à 70 ans, réduisent les possibilités d'embauche. Les suppressions d'emplois dans les services publics, dont l'hôpital public et l'éducation, rétrécissent l'emploi et pénalisent les usagers. La protection sociale (assurance maladie, assurance chômage, retraite...) est réduite ce qui précarise les plus faibles et aggrave les inégalités.

La crise en cours signe la faillite des politiques libérales menées depuis trois décennies. Il faut résolument changer d’orientation politique. Dans cette perspective, les mesures proposées par les parlementaires du Parti de gauche visent à commencer à relever ce défi global en apportant de premières réponses, avec l’instauration d’un « bouclier social » pour protéger les citoyens des conséquences de la crise.

Les mesures économiques et sociales d’urgence que la présente proposition de loi vise à instituer face à la crise s’inscrivent dans la perspective plus large du Plan d’urgence en 29 mesures adopté par le Parti de Gauche lors de son Congrès de Limeil-Brévannes du 29 janvier au 1er février 2009.

Ces mesures d’urgence sont notamment indissociables d’un plan d'investissements publics sur deux ans, animé par le triple souci de relance de la demande et de l'emploi, de satisfaction des besoins sociaux et de réorientation écologique de notre mode de production. Combiné aux autres mesures évoquées par ailleurs, ces investissements devraient amener à 100 milliards d'euros, soit 5 % environ du produit intérieur brut, le soutien public exceptionnel pour affronter la crise. Il s’agit ainsi de la rénovation écologique du parc de logements sociaux, de la mise en chantier de 300 000 logements sociaux par an, de la rénovation des établissements publics d'enseignement, de la construction de centres d'hébergement d'urgence et de foyers de jeunes travailleurs, de la création d'un service public de la petite enfance et du développement des crèches publiques, du remplacement progressif du parc automobile des collectivités publiques par des véhicules propres (électriques ou hybrides), de la rénovation du réseau ferroviaire et du développement d'infrastructures pour le ferroutage, de l’augmentation de l'investissement dans les énergies renouvelables et le recyclage, du soutien à la création et aux activités culturelles et d’un plan spécial de soutien pour les Antilles et territoires d'outre-mer en difficulté.

En outre, des dispositions d’urgence s’imposent également pour maîtriser le système financier et lutter contre la spéculation, ce qui implique, entre autres, la création d'un pôle financier public élargi pour les entreprises autour de la Caisse des dépôts et consignations et d'un service public bancaire élargi pour les particuliers autour de La Banque postale, des Caisses d'épargne  et des Banques populaires.

Les services publics comme le rail, la poste, l’électricité et le gaz doivent aussi être mobilisés au service du plus grand nombre contre la crise. Cela implique un moratoire sur toutes les mesures européennes de libéralisation et de mise en concurrence. Et la relance des entreprises publiques fragilisées par ces mesures, à commencer par un pôle public de l’énergie intégrant EDF, GDF mais aussi le pétrolier Total dont la nationalisation s’impose.

Surtout, à la lumière des leçons de la crise, la France doit agir au sein de l'Union Européenne et des instances internationales pour sortir du laisser faire et du libre échange généralisés.

Le processus de ratification du traité de Lisbonne, pâle copie du traité constitutionnel européen, rejeté à 55 % par le peuple français, doit évidemment être abandonné. Car il interdit toute mesure d’harmonisation sociale et fiscale pourtant indispensable pour stopper la course actuelle au dumping social en Europe. Au-delà, il est nécessaire de réformer la Banque centrale européenne, qui doit désormais avoir pour objectifs le soutien à l'activité des secteurs jugés prioritaires d'un point de vue social, économique et écologique, le plein emploi, la stabilité des prix (en fonction des priorités économiques du moment et dans le respect des contraintes environnementales), et apporter son concours à la politique de change définie par le Conseil européen. En outre, elle doit rendre compte de la conduite de sa politique monétaire : une institution qui commande un levier essentiel de la politique économique ne peut plus rester indépendante de tout contrôle démocratique. De même, les règles du Pacte de stabilité doivent être abandonnées.

Dans l’immédiat, et afin de faire face à l’urgence économique et sociale, les mesures contenues dans la présente proposition de loi s’articulent autour de quatre axes principaux.

Le chapitre premier permet d’interdire les licenciements boursiers et présente des mesures visant à lutter plus largement contre les suppressions d’emplois et les délocalisations. L’article premier interdit les licenciements économiques dans les entreprises enregistrant des profits. Il rétablit le contrôle administratif de l’Inspection du travail sur les licenciements pour motif économique. L’article 2 institue un droit de veto suspensif pour les représentants des salariés en cas de licenciement. L’article 3 crée des commissions départementales de l’emploi et du développement économique pour favoriser des alternatives aux suppressions d’emplois et aux délocalisations. Il institue également un droit de reprise par les salariés en cas de délocalisation de leur entreprise.

Le chapitre 2 présente des mesures visant à faire reculer la précarité du travail et à développer l’emploi. L’article 4 réaffirme le contrat à durée indéterminée comme norme du contrat de travail et encadre et limite le recours aux autres formes de contrat. Il abroge les nouveaux contrats précaires créés par le gouvernement actuel. L’article 5 crée un droit à la journée continue pour les salariés de manière à en finir avec les horaires fractionnés.

L’article 6 rétablit la primauté de la loi sur l’accord de branche et de l’accord de branche sur l’accord d’entreprise et restaure ainsi le principe de faveur qui protège les droits des travailleurs. L’article 7 réaffirme la limitation de la durée hebdomadaire de travail à 35 heures et encadre les possibilités de dérogation. L’article 8 limite le contingent annuel d’heures supplémentaires à 130. L’article 9 limite la durée maximale d’heures de travail à 9 dans une journée et à 44 dans une semaine et crée un droit à deux jours de repos hebdomadaires consécutifs.

Le chapitre 3 prévoit des dispositions pour augmenter le pouvoir d'achat et redistribuer les richesses au profit du plus grand nombre. L’article 10 abroge le paquet fiscal adopté au cours de l’été 2007. L’article 11 abroge les dispositions du code général des impôts relatives au bouclier fiscal.

L’article 12 prévoit que le SMIC soit porté à 1500 euros nets d’ici au 1er juillet 2010. L’article 13 conditionne le maintien des exonérations sociales à un accord de revalorisation des salaires. L’article 14 indexe l’évolution des salaires, pensions et minima sociaux sur l’indice des prix. L’article 15 garantit l’application du principe d’égalité entre les femmes et les hommes dans les entreprises. L’article 16 revalorise le minimum de pension de retraite et les minima sociaux à hauteur de 300 euros. L’article 17 plafonne les plus hauts salaires dans les entreprises de manière à réduire les inégalités de revenu. L’article 18 institue une nouvelle tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz qui assure la gratuité sur une première tranche de consommation pour les ménages à faible revenu.

Le chapitre 4 présente des mesures d’urgence en faveur du logement. L’article 19 permet aux communes de réquisitionner des logements inoccupés depuis plus d’un an. L’article 20 supprime le dépôt de garantie pour les locataires. L’article 21 institue un moratoire sur les expulsions locatives et sur les prêts-relais de manière à venir en aide aux 30 000 foyers pris au piège de la crise lors de la vente de leur bien en vue d’en acheter un autre. L’article 22 gèle les loyers locatifs pour 2 ans et encadre leur évolution future. L’article 23 crée un devoir de substitution pour le représentant de l’Etat dans les départements en cas de non-présentation par les communes d’un programme visant les 20 % de logements sociaux. Il prévoit également que la compétence de délivrer les permis de construire soit transférée de la commune à l’Etat dans les communes n’ayant pas atteint un seuil de 10 % de logements sociaux.

Le chapitre 5 comporte diverses mesures proposant une méthode pour améliorer la protection sociale.

L’article 24 prévoit la réunion d’une conférence nationale sur les retraites pour remplacer la réforme des retraites de 2003 qui appauvrit gravement les nouveaux retraités sans garantir la pérennité financière du système par répartition. Il s’agit ainsi de renforcer le système français de retraites par répartition et de garantir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein. L’article 25 prévoit la réunion d’une conférence nationale sur l’assurance maladie pour remplacer la loi n° 2004-810 du 13 août 2004 relative à l'assurance maladie. Et améliorer le système français d’assurance maladie au service d’une meilleure couverture sanitaire de la population et d’une plus grande redistribution. L’article 26 prévoit la réunion d’une conférence nationale sur les droits des demandeurs d’emploi pour remplacer la loi du 1er août 2008 relative aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi. Ces évolutions s’intégreront dans la perspective plus large de la mise en place d’un nouveau statut du salarié, fondé sur une sécurité sociale professionnelle lui garantissant ses droits y compris en cas de changement d’emploi ou de chômage.

L’article 27 supprime les franchises médicales prévues par l’article L. 322-2 du code de la sécurité sociale.

Les articles 28 et 29 emportent les éventuelles conséquences financières de la présente loi pour l’Etat et la sécurité sociale.

Proposition de loi

CHAPITRE PREMIER

Dispositions VISANT A INTERDIRE LES LICENCIEMENTS BOURSIERS ET A LUTTER CONTRE LES SUPPRESSIONS D’EMPLOIS ET LES DELOCALISATIONS

Article 1

L'article L. 1233-2 du même code est ainsi complété :

« Est réputé dépourvu de cause réelle et sérieuse tout licenciement économique collectif décidé par une entreprise ayant réalisé un résultat net ou un résultat d’exploitation positifs au cours du dernier exercice comptable ou ayant constitué des réserves au cours du dernier exercice de distribution des dividendes. 

 « Toute décision de procéder à un licenciement pour motif économique est soumise à l’autorisation administrative de l’Inspection du travail, qui se prononce sur la justification économique de ladite décision dans un délai de trente jours. Si l’Inspection du travail ne s’est pas prononcée à l’issue de ce délai, la décision est réputée acceptée.

« Les sanctions applicables aux entreprises ayant procédé illégalement à un licenciement pour motif économique sont déterminées en loi de finances. »

Article 2

I. L'article L. 1231-1 du code du travail est ainsi rédigé :

« Le contrat de travail à durée indéterminée peut être rompu à l'initiative de l'employeur ou du salarié dans les conditions prévues par les dispositions du présent titre.

« En cas de rupture du contrat décidée par l’employeur pour motif économique, les représentants élus des salariés disposent d’un droit de veto suspensif afin d’examiner la situation de l’entreprise et les autres options économiques possibles. »

II. L’article L. 2313-1 du même code est ainsi complété :

« 3° De se prononcer sur le recours au droit de veto suspensif défini à l’article L. 1213-1 du présent code en cas de rupture du contrat de travail décidée par l’employeur. »

III. Le deuxième alinéa de l’article L. 2323-1 du même code est ainsi complété :

« Il se prononce sur le recours au droit de veto suspensif défini à l’article L. 1213-1 du présent code en cas de rupture du contrat de travail décidée par l’employeur. »

 

 

Article 3

Après l'article L. 1233-6 du même code, sont insérés deux articles ainsi rédigés :

« Article L. 1233-7. – Dans chaque département est instituée une commission départementale de l’emploi et du développement économique composée de représentants des employeurs, des représentants des salariés, d’élus du département et  de représentants de la préfecture et chargée d’examiner les solutions alternatives aux licenciements pour motif économique, aux suppressions d’emplois et aux délocalisations. Les commissions départementales de l’emploi et du développement économique peuvent se regrouper au sein d’une commission régionale.

Un décret en conseil d’Etat détermine les modalités de composition des commissions départementales et régionales  de l’emploi et du développement économique. »

« Article L. 1233-8. – En cas de licenciements collectifs, de fermeture de site ou de délocalisation, les salariés de l’entreprise concernée disposent d’un droit de reprise des activités sous forme de coopérative ou de mutuelle. »

CHAPITRE II

DISPOSITIONS VISANT A LUTTER CONTRE LA PRECARITE DU TRAVAIL

ET A DEVELOPPER L’EMPLOI

Article 4

I. L’article L. 1221-2 du code du travail est ainsi rédigé :

« Le contrat de travail est conclu pour une durée indéterminée et à temps plein.

Lorsqu’il est fait recours à des formes de contrat autres que celle mentionnée au premier alinéa du présent article, et notamment à celles mentionnées aux titres IV et V du Livre II du présent code, les cotisations versées par l’employeur sont soumises à un taux majoré. Ce taux est fixé par décret en conseil d’Etat. » 

II. Le 3° de l’article L. 1242-2 du même code est ainsi rédigé :

« Emploi saisonnier »

III. Le premier alinéa de l’article L. 1242-12 du même code est ainsi rédigé :

« Le contrat de travail à durée déterminée est établi par écrit et comporte la définition précise et détaillée de son motif. A défaut, il est réputé conclu pour une durée indéterminée. »

IV. Le deuxième alinéa de l’article 1243-8 du même code est ainsi rédigé :

« Cette indemnité est égale à 20 % de la rémunération brute versée au salarié. »

V. Les articles L. 1244-1 à L. 1244-4 et L. 1251-36 à L. 1251-37 du même code, relatifs à la succession de contrats, sont abrogés.

VI.  L’article L. 1251-5 du même code est ainsi complété :

« Dans les entreprises de plus de cinquante salariés, le nombre d’intérimaire ne peut pas dépasser 15 % de l’effectif total. »

VII. Les articles 1er, 5, 6 et 8 de la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 portant modernisation du marché du travail sont abrogés.

Article 5

I. L’article L. 3121-1 du code du travail est ainsi rédigé :

« La durée du travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur pour effectuer les missions définies dans son contrat de travail. Le salarié bénéficie d’un droit à la journée continue.

Pour les contrats conclus avant l’entrée en vigueur de la présente loi et prévoyant une journée de travail fractionnée, la durée effective de travail est égale à la durée écoulée entre le début de la première période journalière de travail et la fin de la dernière période, à l’exception d’une heure de pause par repas. »

II. Le premier alinéa de l’article L. 3123-16 du même code est ainsi rédigé :

 

« L’horaire de travail à temps partiel ne peut comporter d’interruption. »

Article 6

Le principe de la primauté de la loi sur l’accord de branche et de l’accord de branche sur l’accord d’entreprise est rétabli de manière à garantir aux salariés que la négociation sociale ne débouche pas sur un recul des droits sociaux.

L’article 18 de la loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail est abrogé.

Article 7

I. L’article L. 3121-10 du code du travail est ainsi rédigé :

« La durée légale du travail effectif des salariés est fixée à trente-cinq heures par semaine civile, sans possibilité de dérogation autre que celle prévue à l’article L. 3121-11.

La semaine civile est entendue au sens des dispositions de l'article L. 3122-1. »

II. Les articles 19 et 20 de la loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail sont abrogés.

Article 8

I. L’article L. 3121-11 du code du travail est ainsi rédigé :

« Des heures supplémentaires peuvent être accomplies dans la limite d'un contingent annuel de 130 heures. »

II. L’article L. 3121-19 du code du travail est ainsi rédigé :

« L'inspecteur du travail peut autoriser, après avis du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, s'il en existe, les heures supplémentaires accomplies au-delà du contingent annuel d'heures supplémentaires dans les limites des durées maximales hebdomadaires définies au premier alinéa de l'article L. 3121-35 et aux premier et deuxième alinéas de l'article L. 3121-36.

« En cas de chômage, il peut en interdire le recours en vue de permettre l'embauche de travailleurs sans emploi. »

III. L’article L. 3121-22 du code du travail est ainsi rédigé :

« Les heures supplémentaires accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire fixée par l'article L. 3121-10, ou de la durée considérée comme équivalente, donnent lieu à une majoration de salaire de 35 % pour chacune des huit premières heures supplémentaires. Les heures suivantes donnent lieu à une majoration de 70 %. »

Article 9

I. L’article L. 3121-34 est ainsi rédigé :

« La durée quotidienne du travail effectif par salarié ne peut excéder neuf heures, sauf dérogations accordées dans des conditions déterminées par décret. »

II. L’article L. 3121-35 est ainsi rédigé :

« Au cours d’une même semaine, la durée du travail ne peut pas dépasser quarante-quatre heures. 

Tout salarié a droit à un repos hebdomadaire de deux jours consécutifs. »

CHAPITRE III

DISPOSITIONS EN FAVEUR DU POUVOIR D’ACHAT ET DU PARTAGE DES RICHESSES

Article 10

La loi n°2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat est abrogée.

Article 11

Les articles 1er et 1649 O-A du code général des impôts sont abrogés.

Article 12

La revalorisation périodique du montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance est majorée afin que son montant atteigne au moins 1 500 euros nets au 1er juillet 2010.

Article 13

Le maintien des exonérations sociales dont bénéficient actuellement les employeurs est subordonné à la conclusion d’un accord collectif d’augmentation des salaires d’ici au 31 décembre 2009.

Article 14

L’évolution des salaires, pensions et minima sociaux est indexée sur l’indice des prix à la consommation.

Article 15

L’article L. 2242-6 du code du travail est ainsi rédigé :

« L’employeur veille à l’application stricte du principe d’égalité salariale entre les femmes et les hommes. En cas de non-respect de ce principe, les cotisations de l’employeur sont majorées, dans les conditions fixées par la loi de financement de la sécurité sociale. »

Article 16

Le minimum de pension de retraite et les minima sociaux sont revalorisés à hauteur de 300 euros.

Article 17

Il est institué un salaire maximum légal dont le montant ne peut pas dépasser vingt fois celui du salaire minimum. Le salaire maximum légal inclut, le cas échéant, la partie fixe du salaire et la partie variable en fonction des objectifs prévus au contrat de travail ou du chiffre d’affaire généré par l’activité du salarié.

Article 18

La tarification des services de fourniture d’eau, d’électricité et de gaz est modifiée de manière à garantir la gratuité d’une première tranche de consommation pour les ménages à faible revenu, dans le cadre d’une tarification progressive.

Un décret en conseil d’Etat détermine les conditions de la tarification progressive visée au premier alinéa du présent article.

CHAPITRE IV

DISPOSITIONS D’URGENCE EN FAVEUR DU LOGEMENT

Article 19

Pour faire face aux nécessités de logement des personnes sans domicile stable, la commune peut décider de réquisitionner des logements inoccupés depuis plus d’un an.

Article 20

Le dépôt de garantie pour les locataires dans les contrats de location est supprimé.

 

Article 21

Un moratoire sur les prêts-relais et sur les expulsions locatives est instauré pour une durée de deux années.

 Article  22

Les loyers des logements locatifs sont bloqués pendant deux années. A l’issue de cette période, la hausse des loyers est indexée sur l’indice des prix à la consommation.

A compter de l’entrée en vigueur de la présente loi, les loyers des logements locatifs sont recalculés afin d’être ramenés à leur niveau du 1er janvier 2003 revalorisé en proportion de la variation de l’indice des prix à la consommation depuis cette date.

 

Article 23

I. En cas de non présentation par les communes d’un programme de construction visant un objectif de 20 % de logements sociaux, le préfet du département se substitue aux communes pour présenter un plan intégrant cet objectif.

II. Dans les communes qui n’ont pas atteint 10% de logements sociaux, la compétence de délivrance des permis de construire est transférée de la commune au préfet de département, jusqu’à ce qu’elle ait atteint l’objectif de 20 % de logements sociaux.

CHAPITRE V

DISPOSITIONS EN FAVEUR DE LA PROTECTION SOCIALE

Article 24

Une Conférence nationale des retraites, réunissant l’Etat, les représentants des employeurs et les représentants des salariés, se tiendra au ministère en charge du travail, de l’emploi et des relations sociales avant le 31 décembre 2009. Elle sera notamment chargée d’évoquer :

1° L’abrogation de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites.

2° L’amélioration et le renforcement du système français de retraites par répartition, afin de garantir à la fois le droit à la retraite à 60 ans à taux plein et la pérennité financière du système.

.Article 25

Une Conférence nationale de l’assurance maladie, réunissant l’Etat, les organismes de sécurité sociale, les représentants des employeurs et les représentants des salariés, se tiendra au ministère en charge de la santé et de l’assurance maladie. Elle sera notamment chargée d’évoquer :

1° L’abrogation de la loi n° 2004-810 du 13 août 2004 relative à l'assurance maladie

L’amélioration et le renforcement du système français d’assurance maladie et ses modalités de financement au service d’une meilleure couverture sanitaire de la population et d’une plus grande redistribution.

Article 26

Une Conférence nationale des droits des demandeurs d’emploi, réunissant l’Etat, les représentants des employeurs, les représentants des salariés et les représentants des organisations de demandeurs d’emploi, se tiendra au ministère en charge du travail, de l’emploi et des relations sociales avant le 31 décembre 2009. Elle sera notamment chargée d’évoquer :

1° L’abrogation de la loi du 1er août 2008 relative aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi.

Les droits et obligations des demandeurs d’emploi, dans le cadre du nouveau statut du salarié prévu à l’article 4 de la présente proposition de loi.

Article 27

Les franchises médicales prévues par l’article L. 322-2 du code de la sécurité sociale sont abrogées.

 

 

Article 28

Les pertes de recettes résultant pour les organismes de sécurité sociale de la présente loi sont compensées à due concurrence par le relèvement du taux prévu à l’article L. 651-1 du code de la sécurité sociale.

Article 29

Les pertes de recettes ou les charges éventuelles découlant pour l’Etat de l’application de la présente loi sont compensées à due concurrence par une majoration des droits visés par les articles 575 et 575 A du code général des impôts.

 

 

Par Marc DOLEZ - Publié dans : Travaux Assemblée Nationale
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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /2009 14:00

 

 

Par mon vote ce mardi 17 mars à l’Assemblée Nationale, je me suis opposé au retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

C’est en effet un revirement historique, signant la fin d’une « exception Française » qui remonte à 1966 lorsque la France, par la voix du Général de Gaulle, afficha clairement sa volonté d’indépendance à l’égard des Etats-Unis.

C’est le choix de l’allégeance qui affaiblira immanquablement la position internationale et la crédibilité de la France.

C’est une décision qui s’inscrit dans une logique de blocs et de guerre, alors qu’émerge un monde multipolaire fondé sur la permanence de nations libres et coopérant entre elles.

Une nouvelle fois, la souveraineté populaire est bafouée puisque le peuple est écarté du débat, comme il l’a déjà été en 2008 sur le traité de Lisbonne qui consacre l’OTAN comme le cadre de toute politique de défense européenne.

     

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Par Marc DOLEZ - Publié dans : Travaux Assemblée Nationale
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /2009 17:16

 

« Monsieur le Premier ministre, chaque jour, ce sont des centaines ou des milliers de licenciements qui sont annoncés.

Les prévisions sont catastrophiques.

Mais il n’y a pas de fatalité du chômage et de la précarité ; reconnaissons le, la crise a souvent bon dos. La Redoute et les 3 Suisses à Roubaix, Caterpillar à Grenoble ou encore la FNAC, filiale du groupe PPR, licencient pour mieux maintenir les dividendes versés aux actionnaires.

Plutôt que de consacrer des milliards d’euros à sauver le système, une autre politique s’impose pour s’attaquer aux racines de la crise et pour une véritable relance de l’emploi.

Cela suppose notamment :

          - de supprimer l’exonération des heures supplémentaires, machine à fabriquer du

            chômage,

- d’accorder un droit de veto suspensif  aux représentants des salariés et de rétablir

  un contrôle administratif, pour interdire les licenciements boursiers,

         - de créer un pôle financier public, en nationalisant les banques,

         - de supprimer tous les plans de réductions des emplois publics,

         - d’augmenter les salaires, les pensions de retraite et les minima sociaux.

Dés lors, monsieur le Premier ministre, ma question est simple : devant l’immense faillite des marchés financiers et devant aussi l’échec patent de votre politique, allez-vous opérer ce changement de cap dont l’exigence monte chaque jour un peu plus dans le pays ? »

(Assemblée Nationale, 1ère séance du mardi 10 mars 2009, questions au gouvernement)

 

 

 

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Par Marc DOLEZ - Publié dans : Travaux Assemblée Nationale
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /2009 14:55

 

 

Marc DOLEZ est intervenu, le 2 Mars, dans la discussion du projet de loi « portant réforme de l’hôpital » pour souligner une nouvelle fois la grave menace pour notre système de santé.


… L’accès de tous à des soins de qualité. Comment ne pas être d’accord avec un tel postulat ? Reste qu’on note un décalage criant entre l’objectif affiché et les réponses apportées, réponses que nous jugeons tout à fait inopérantes.

J’insiste en outre sur le fait que, pour notre groupe, qui n’a cessé de le répéter depuis le début du débat et qui le répétera jusqu’à son terme, l’ensemble de ce texte, madame la ministre, livre l’accès aux soins à une culture de la rentabilité qui nous considérons comme une grave menace pour notre système de santé et de protection sociale.

C’est d’ailleurs le point de vue de nombreuses organisations syndicales, des personnels, des médecins, de nombreux collectifs d’usagers qui manifesteront jeudi 5 mars prochain dans la rue et qui exigeront avec force – et nous les soutenons dans leur souhait – que ce texte soit retiré.

Je souhaite insister sur le rôle d’acteur pivot que le texte confère au médecin généraliste. En la matière, les dispositions prévues à l’article 14 ne sont pas suffisantes. Je rappelle qu’il y a juste un an, nous avons voté à l’unanimité une proposition de loi relative à la mise en place de la filière universitaire de médecine générale qui pouvait constituer une étape importante pour la revalorisation de la médecine générale.

Or le bilan est aujourd’hui particulièrement préoccupant. Il n’y a toujours aucun titulaire universitaire de médecine générale. A défaut, ce sont 130 enseignants associés à mi-temps qui les remplacent, rémunérés à hauteur de 40 % d’un salaire de titulaire. Au total, on compte dix fois moins d’enseignants en médecine générale que dans les autres spécialités. Par conséquent, le stage en médecine générale, obligatoire en deuxième cycle depuis dix ans et à l’issue duquel les étudiants choisissent leur spécialité, n’existe quasiment pas et celui prévu en troisième cycle se déroule, reconnaissons-le, dans des conditions déplorables.

La reconnaissance de la médecine générale…dépendra donc des moyens consacrés à son enseignement.

 

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Par Marc DOLEZ - Publié dans : Travaux Assemblée Nationale
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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /2009 09:08

  

Les vifs incidents de l’Assemblée Nationale mettent en évidence l’extrême gravité pour la démocratie du projet de loi modifiant le droit d’amendement.

Il s’agit ni plus ni moins que de verrouiller la procédure parlementaire et d’empêcher l’opposition de s’opposer !

Avec la limitation arbitraire du temps de parole, les députés seront obligés de se taire plutôt que d’exprimer les attentes, impatiences, colères et aspirations du peuple dont ils sont les représentants.

C’est l’une des conséquences pratiques de la révision constitutionnelle de Juillet 2008 qui était censée revaloriser le rôle du parlement ( !) et à laquelle je m’étais pour ma part résolument opposé.

Après la loi sur l’audiovisuel public ou la réforme annoncée de l’instruction, c’est surtout une nouvelle atteinte du pouvoir en place à la séparation des pouvoirs et une nouvelle illustration de sa volonté de réduire les contre-pouvoirs.

 

 

 

Par Marc DOLEZ - Publié dans : Travaux Assemblée Nationale
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Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /2008 11:03

(texte publié dans Le Monde du 11 Décembre 2008)

 

 

Les politiques de l'Union européenne ont lourdement contribué à la crise financière, économique, sociale, écologique et démocratique. Elles ont sur nos vies des effets désastreux.

Plus que jamais, il est nécessaire de remettre en cause cette Europe libérale et de construire autrement l'Europe, avec les Européens, et pour eux. En 2005, les peuples français et néerlandais avaient rejeté, par référendum, le traité constitutionnel européen (TCE), sur la base de leur expérience, et après un très large débat sur le contenu et les conséquences de ce traité.

Depuis, Nicolas Sarkozy a fait ratifier par le Parlement le traité de Lisbonne qui reprend l'essentiel du TCE, en contradiction avec le choix du peuple, et sans même le consulter. Le seul pays qui a organisé un référendum, l'Irlande, a dit "non" à ce nouveau traité, bloquant sa mise en oeuvre et permettant de proposer une alternative.

En France, les élections européennes de juin 2009 doivent permettre aux citoyens de s'exprimer sur ce qui a été décidé sans eux, au mépris de toute démocratie, de rejeter la politique de Nicolas Sarkozy, de prolonger la victoire de 2005 et de se prononcer sur le projet européen qu'ils appellent de leurs voeux. Ces élections doivent être l'occasion de proposer ensemble un projet nous libérant d'une logique capitaliste qui sacrifie les intérêts de la grande majorité de la population et l'avenir de la planète pour permettre à une petite minorité d'accumuler le maximum de profits.

Un projet d'Europe sociale, écologiste, démocratique et de paix, c'est-à-dire de coopération et non de concurrence entre les peuples, en Europe comme dans le monde, avec les changements des institutions et des traités internationaux que cela implique. Avec une harmonisation des droits par le haut, favorisant une meilleure répartition des richesses. Avec une réorientation globale des choix économiques et sociaux porteuse d'une plus grande efficacité au service des besoins humains.

Avec l'instauration d'un bouclier social protégeant les salariés des conséquences de la crise financière. Un projet reposant sur un autre mode de développement, pour éviter la catastrophe écologique qui menace. Sur une égalité des droits pour les résident(e)s dans l'Union européenne. Sur des services publics développés et démocratisés. Et des pouvoirs aux peuples pour leur permettre d'être souverains. Nous disposons pour cela de toutes les propositions crédibles et réalisables élaborées en commun ces dernières années.

Les campagnes contre le TCE et le traité de Lisbonne l'ont montré : il est possible de mener ensemble une grande campagne de mobilisation, d'éducation populaire, de débats, riches de notre diversité, en lien avec les luttes et dans le prolongement des dynamiques altermondialistes. Cela, alors qu'au sein du Parti socialiste dominent les forces favorables au traité de Lisbonne et à l'Europe libérale, dont la crise montre la nocivité et l'échec.

Pour sortir de cette impasse et rendre possibles d'autres choix, nous appelons toutes les forces de la gauche de transformation sociale et écologiste à faire front commun. Unies, elles peuvent envoyer un grand nombre de députés européens porteurs de ce projet et de cette démarche au Parlement de Strasbourg, faisant en sorte que ce dernier corresponde plus fidèlement à la volonté exprimée par les peuples qui ont rejeté le TCE et le traité de Lisbonne, et aux aspirations de tous ceux qui partagent cette autre vision de l'Europe.

Plusieurs forces politiques se sont d'ores et déjà prononcées pour la constitution de listes communes aux élections européennes et d'autres n'ont pas écarté la possibilité d'une démarche unitaire. C'est aussi, évidemment, l'esprit des signataires de l'appel "L'alternative à gauche : organisons-la !" lancé à l'initiative de Politis. De nombreuses citoyennes et de nombreux citoyens non organisés ou membres de syndicats, d'associations, de réseaux, de collectifs, aspirent à un tel rassemblement. La diversité des forces de la gauche de transformation sociale et écologiste qui peuvent s'unir est un atout pour rassembler les citoyens autour d'un projet commun.

Comme en 2005, la dynamique politique à créer devrait s'enraciner dans les localités, les lieux de travail et dans tous les secteurs de la société. Elle dépendra de l'engagement et la mobilisation des centaines de milliers de citoyennes et citoyens et de membres d'organisations politiques, de syndicats, d'associations qui avaient permis de rejeter le traité constitutionnel européen, et sur tous ceux qui ont envie de porter ce projet. Tout dépend de cette unité. Elle est possible ; elle est indispensable. Nous y appelons.


Clémentine Autain, militante féministe ;
Jean-Jacques Boislaroussie, responsable des Alternatifs ;
Patrick Braouezec, député (PCF) de Seine-Saint-Denis ;
Marc Dolez, député du Nord, cofondateur du Parti de gauche ;
Annie Ernaux, écrivain ;
Jacques Généreux, économiste ;
Susan George, présidente d'honneur d'Attac France ;
Robert Guédiguian, cinéaste ;
Gérard Mauger, sociologue ;
Michel Onfray, philosophe ;
Christian Picquet, membre du courant Unir de la LCR ;
Yves Salesse, responsable des Collectifs unitaires ;
Denis Sieffert, directeur de Politis.

La liste complète des signataires est disponible sur le site : www.politis.fr.

 

Par Marc DOLEZ - Publié dans : Europe
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Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /2008 10:42

Le lancement du Parti de Gauche, fondé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, a eu lieu le samedi 29 Novembre à l’Ile St Denis devant plus de 3000 personnes : énorme succès pour une initiative préparée en deux semaines ! Ceci montre qu’il existe une attente profonde pour un parti de gauche digne de ce nom.

Ci-après les principaux extraits du discours de Marc DOLEZ.

Amis et Camarades,

Je ne sais si nous avons eu du courage pour quitter un Parti auquel certain d’entre nous appartenaient depuis plusieurs décennies, si nous l’avons fait c’est parce que nous voulons rester socialistes !

En écoutant celles et ceux qui viennent de se succéder à la tribune, je me disais, probablement comme vous, que la gauche est belle lorsqu’elle retrouve le sens, les valeurs et le souffle du collectif.

Oui la gauche est belle lorsque, loin des sinécures et des petites ambitions personnelles, elle retrouve le chemin de la lutte pour l’égalité et l’émancipation, le chemin de la conquête d’une vie meilleure.

En lançant cet après-midi, avec Jean-Luc MELENCHON et beaucoup d’entre vous, le Parti de Gauche, je m’exprime avec gravité mais aussi beaucoup d’enthousiasme.

Si nous avons pris cette décision, c’est parce que nous pensons qu’il faut changer la donne à gauche et qu’il y a urgence à le faire.

La violence de l’offensive antisociale de Sarkozy et l’ampleur de la crise exigent une gauche digne de ce nom, une gauche debout pour s’opposer et résister mais aussi pour proposer et construire une véritable alternative,

une gauche fidèle à ses racines, plongées depuis plus de 2 siècles dans le terreau des misères, des solidarités et des combats des hommes et des femmes de ce pays,

une gauche internationaliste, cher Oskar Lafontaine et chers camarades d’Amérique latine, qui ne se résigne pas à la domination du capital sur le monde, qui croit en la capacité des peuples à écrire leur propre histoire et qui ne renonce pas à un autre monde d’organisation sociale c’est  à dire au socialisme.

Comme nous sommes fidèles à Jaurès, nous allons mener le combat politique non pas au nom du peuple mais avec le peuple.

Le Parti de Gauche est aux côtés des salariés victimes des suppressions d’emplois, fermetures d’usines et liquidations annoncées ces dernières semaines, des salariés victimes des plans sociaux qui tombent en cascade et des mesures de chômage partiel.

Le Parti de Gauche est aux côtés des salariés de l’automobile, de PSA et de Renault, de La Redoute à Roubaix, d’Amora à Dijon, de Latecoere à Toulouse, et de bien d’autres dans le pays, et demandent avec eux un moratoire de ces suppressions d’emplois, l’interdiction des licenciements boursiers…le droit de veto accordé aux comités d’entreprises.

Les salariés et ceux qui sont privés d’emplois n’ont pas à payer la crise du système capitaliste…

Le décalage est considérable entre d’un côté les besoins sociaux et de l’autre les 360 milliards d’euros dégagés pour sauver les banques ainsi que les profits accumulés (+ 12 % en 2008 pour les entreprises du CAC 40).

C’est pourquoi la feuille de route du Parti de Gauche doit être de rendre au travail ce qu’il a perdu au profit du capital avec notamment :

- l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux : indexation sur le coût de la vie, SMIC à 1 500 euros nets par mois tout de suite.

     - la garantie de la retraite à 60 ans à taux plein et le refus de l’augmentation des années de cotisations.

Le Parti de Gauche est également aux côtés des salariés de l’Education Nationale, de la Poste, de l’Hôpital, de l’audiovisuel public et de l’ANPE qui se battent en ce moment pour la défense du service public.

La casse de l’école publique et laïque, l’école de la République, est au cœur du projet de Sarkozy. Nous demandons le rétablissement des postes et des moyens supprimés, le retrait des différents projets DARCOS qui vont de la maternelle à l’université, et nous nous engageons à les abroger s’ils ne sont pas retirés, comme nous abrogerons d’ailleurs la loi de 2007 sur les universités, porte ouverte à la concurrence.

Nous combattons la privatisation de la Poste mais aussi les directives européennes de libéralisation totale du marché à compter de 2011…….

Nous demandons également le retrait du projet de loi Bachelot qui va casser l’hôpital public.

La crise repose avec acuité la question européenne et nous pensons qu’il ne peut y avoir de véritable réponse sans changer le cours de la construction européenne.

Avec toutes les forces de gauche qui ont assuré la victoire du Non en 2005, nous proposons de constituer un front, lors des prochaines élections européennes, pour refuser le traité de Lisbonne et pour construire une Europe sociale, écologique, solidaire, démocratique, laïque et non inféodée à l’OTAN et aux Etats-Unis…

Nous avons désormais une responsabilité historique pour être à la hauteur de l’espoir, ce magnifique meeting en témoigne, que le lancement du Parti de Gauche soulève…      A nous tous ensemble de réussir pour que vive la république, la république sociale, et que vive la gauche !

 

 

 

 

Par Marc DOLEZ - Publié dans : La gauche et le socialisme
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /2008 17:24


Création du « Parti de Gauche »

A peine quelques jours après notre départ du Parti socialiste, nous nous réjouissons du mouvement de soutien qui s’exprime envers notre démarche, aussi bien depuis les rangs socialistes que l’ensemble de la gauche. En à peine 3 jours, nous avons déjà enregistré plus de 3 000 soutiens sur le modeste site www.casuffitcommeca.fr que nous avions ouvert vendredi 7 novembre.

Ces soutiens montrent l’immense énergie disponible dans notre pays pour changer la gauche, affronter la droite et ouvrir une alternative au capitalisme de notre époque. C’est pourquoi nous annonçons la fondation du « Parti de Gauche » avec tous ceux qui partagent ces orientations.

D’ores et déjà Claude Debons, cheville ouvrière des collectifs contre la Constitution européenne participe à notre démarche. Eric Coquerel est également en train de la rejoindre avec ses amis du MARS - Gauche républicaine. Ce n’est qu’un début. D’autres noms seront annoncés dans les jours qui viennent.

Nous voulons que le « Parti de Gauche » soit un parti unitaire à gauche. Nous voulons en faire un trait d’union au service de la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes, sur une ligne claire de refus du Traité de Lisbonne et de construction d’une autre Europe. Dans ce but nous avons d’ores et déjà demandé à rencontrer notamment le PCF et le NPA.

Nous voulons aussi que le « Parti de Gauche » soit un parti gouvernemental capable, avec d’autres, d’entraîner la société au service d’un projet majoritaire pour changer la vie du plus grand nombre dans notre pays. Le « Parti de Gauche » sera enfin un parti résolument républicain, défendant sans concession la souveraineté du peuple, la laïcité des institutions et de la société et l’intérêt général contre le productivisme face à la crise écologique.

Nous avons dit que nous mettions nos pas dans ceux d’Oskar Lafontaine. Ce dernier sera présent lors du lancement du « Parti de Gauche ». Nous serons heureux de l’accueillir le samedi 29 novembre lors du meeting de lancement du Parti de Gauche en région parisienne.

                          
                                                                                                  www.lepartidegauche.fr


 

Par Marc DOLEZ - Publié dans : La gauche et le socialisme
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